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Enseignante : [[Marialena Marouda]]
  
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Cet atelier s'intéresse aux pratiques de performance et d'installation relationnelles, basées sur la recherche et situées. Inspiré par les [https://newmaterialism.eu/almanac/f/feminist-new-materialist-pedagogies.html pédagogies féministes et néo-matérialistes], il cherche à contester la présomption dominante de la paternité humaine individuelle dans les pratiques artistiques, en attirant l'attention sur le travail de présences plus qu'humaines en leur sein. Quels types de liens de parenté avec ces plus-que-humains nos pratiques proposent-elles ou peuvent-elles proposer ?  Quels types de collectifs forment-ils ?
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La notion de pratique, en tant que processus évolutif de fabrication qui réunit des collaborateurs humains et plus qu'humains, est essentielle à l'atelier. Pendant le parcours de deux ans de l'atelier, les étudiant*es sont soutenus dans le développement de pratiques de performance et d'installation et dans leur partage avec leurs collègues. Que fait la pratique d'une personne et comment le fait-elle ? Quels sont ses besoins ? Quelles sont les questions qu'elle soulève ? Comment répondre à ces questions ? Collectivement, nous écouterons, nous nous engagerons, nous nous soutiendrons et nous étudierons les pratiques des autres dans un environnement qui encourage la collaboration et la contamination mutuelle entre les processus de travail. Dans ce contexte, l'expérimentation de méthodologies in situ et spécifiques à un site pour développer un travail qui puisse sortir des espaces plus traditionnels de production et de présentation artistiques est encouragée. Et si une rivière, une forêt ou une ville devenait le studio d'une personne ?  Mais aussi : et si les espaces d'un musée, d'une boîte noire ou d'un cube blanc devenaient les plus-que-humains avec lesquels on collabore, leurs histoires et contextes spécifiques révélés ? Comment leur performativité passe-t-elle alors d'un espace de présentation "abstrait" ou "neutre" à quelque chose de beaucoup plus spécifique sur le plan historique ? 
  
Le domaine de l’Installation et de la Performance est relativement large et par nature accueille en son sein  une multitude de pratiques. Le cours développe ainsi une approche transdisciplinaire et tente de porter son  intérêt autour de la question de l’expérience (ou plutôt de l’apprivoisement) de l’espace-temps. L’atelier  propose un cadre de travail et de pensée où les étudiant.e.s ont la possibilité de conduire des expérimentations  concrètes qui visent à repenser ce que l’on entend par les notions «d’œuvre», (et cela va de soi, d’œuvres performatives ), de «publication», «d’exposition», de «diffusion», de «public», etc.   
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'''Objectifs pédagogiques''' :''.
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Les compétences clés vers lesquelles nous allons travailler sont la capacité à communiquer sur et à partager sa pratique, en formulant ses besoins et ses objectifs. Cela inclut la prise de conscience de ses collaborateurs plus qu'humains et de leur pertinence pour la pratique. La sensibilité et la perspicacité à l'égard des pratiques d'autrui et la capacité à donner un feed-back approfondi sont également importantes pour l'atelier.
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Plus spécifiquement, l'objectif est de pratiquer, d'une part, différents modes d'ouverture de sa pratique à un petit public et de tester les formats les plus adaptés au travail : quelles sont les spécificités d'une conférence-performance, d'un atelier, d'une installation immersive, d'un concert... ? Cela inclut également des moments de partage de ce qui nous inspire et nous émeut sous forme de textes, d'œuvres d'artistes, de matériaux, de compétences... D'autre part, nous nous exercerons à être le public de l'autre, à être le témoin de ce qui est présenté, à communiquer sur ce que nous avons vécu et à donner notre avis. La collaboration entre les participants à l'atelier est encouragée, de sorte que les étudiant*es ne développent pas seulement leur capacité à travailler de manière autonome, mais aussi à contribuer au travail de leurs pairs. La pensée critique et la capacité de situer sa pratique dans un cadre politique plus large, en posant des questions qui peuvent aussi défier le(s) créateur(s) et faire avancer leur pratique, sont des objectifs à atteindre dans le parcours de deux ans de l'atelier.
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'''Structure du cours :'''
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L'atelier commence avec les étudiant*es qui partagent leur pratique dans le grand groupe, comme un point de départ collectif. Dans le cadre de leur présentation, chaque étudiant peut formuler ses besoins et ses désirs pour sa pratique, afin que nous puissions travailler collectivement à les satisfaire. Ensuite, et en fonction de la taille globale du groupe, nous formerons des groupes plus petits, éventuellement organisés par année, et établirons ensemble un rythme pour le partage régulier du travail des étudiant*es. Cela peut se faire sous différentes formes, en fonction du stade de développement du travail : introduction des premières idées et présentation des premiers matériaux, proposition d'un atelier pour que le groupe habite ses propositions, ou organisation d'une performance/installation à laquelle le public peut assister.
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Les artistes dont le travail est en rapport avec les thèmes de l'atelier seront invités à partager leur pratique avec les étudiant*es  tout au long de l'année. Un club de lecture, qui aura lieu une fois par mois, sera l'occasion de lire collectivement des textes en rapport avec nos pratiques et les thèmes de l'atelier. Qui/quoi inclure dans ces sessions sera décidé en collaboration avec les étudiant*es.
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'''Évaluation :'''
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L'évaluation est continue et repose en grande partie sur les objectifs et les projets de l'étudiant, tels qu'il les formule au début du cours. Ceux-ci peuvent bien sûr être redéfinis, recentrés ou clarifiés tout au long de l'année. Les progrès des étudiant*es dans leur pratique artistique, leur présence à l'atelier et leur engagement dans les pratiques de leurs pairs sont essentiels pour une évaluation positive. L'ouverture des étudiant*es  à des questions stimulantes et leur capacité à placer leur travail dans un cadre politique plus large seront également évaluées positivement, et attendues, surtout vers la fin du parcours de 2 ans.
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'''Documentation:'''
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En tant que partie importante de l'évaluation, et afin de la rendre plus facile, les étudiant*es sont encouragés à documenter leur processus tout au long de l'atelier. Les questions possibles à explorer ici sont les médias les plus (ou les moins ?) adaptés à la pratique spécifique, ainsi que la question de savoir ce qui produit quoi : la performance, la documentation ou peut-être le contraire ?  
  
Cette année a été inventée et créée la KUNSTHALLE POMPEI  dans le local du cours (ERG, Bruxelles). La KUNSTHALLE POMPEI est la fiction d’une nouvelle institution  spécifiquement dédiée à l’art contemporain dirigée et gérée de manière indépendante par des artistes.  L’objectif premier de cette KUNSTHALLE POMPEI est de soutenir l’expérimentation où chaque acteur  décide de quelle manière, selon quel procédé ou quel dispositif il rend public son travail. La KUNSTHALLE  POMPEI, c’est au fond un alibi, une fiction dans laquelle nous croyons dur comme fer. Avec cette histoire que nous écrivons ensemble, nous tâchons de considérer la qualité du travail et de la recherche des étudiant.e.s  inscrit.e.s au cours Installation-Performance. En dessinant un cadre imaginé sur des modèles existants  nous essayons de comprendre avec eux ce que l’on entend par : une institution, un programme curatorial, la  communication d’une oeuvre, etc., de redéfinir ces modèles, les interroger, les critiquer. En substance, nous  apprenons et affinons notre entente, compréhension, collaboration au même rythme que nous construisons  une relation (à l’école, ses étudiant.e.s, ses espaces).
 
  
[https://www.instagram.com/kunsthallepompei/?hl=fr kunsthallepompei]
 
  
 
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Version actuelle datée du 8 septembre 2022 à 12:09

Enseignante : Marialena Marouda

Cet atelier s'intéresse aux pratiques de performance et d'installation relationnelles, basées sur la recherche et situées. Inspiré par les pédagogies féministes et néo-matérialistes, il cherche à contester la présomption dominante de la paternité humaine individuelle dans les pratiques artistiques, en attirant l'attention sur le travail de présences plus qu'humaines en leur sein. Quels types de liens de parenté avec ces plus-que-humains nos pratiques proposent-elles ou peuvent-elles proposer ? Quels types de collectifs forment-ils ? La notion de pratique, en tant que processus évolutif de fabrication qui réunit des collaborateurs humains et plus qu'humains, est essentielle à l'atelier. Pendant le parcours de deux ans de l'atelier, les étudiant*es sont soutenus dans le développement de pratiques de performance et d'installation et dans leur partage avec leurs collègues. Que fait la pratique d'une personne et comment le fait-elle ? Quels sont ses besoins ? Quelles sont les questions qu'elle soulève ? Comment répondre à ces questions ? Collectivement, nous écouterons, nous nous engagerons, nous nous soutiendrons et nous étudierons les pratiques des autres dans un environnement qui encourage la collaboration et la contamination mutuelle entre les processus de travail. Dans ce contexte, l'expérimentation de méthodologies in situ et spécifiques à un site pour développer un travail qui puisse sortir des espaces plus traditionnels de production et de présentation artistiques est encouragée. Et si une rivière, une forêt ou une ville devenait le studio d'une personne ? Mais aussi : et si les espaces d'un musée, d'une boîte noire ou d'un cube blanc devenaient les plus-que-humains avec lesquels on collabore, leurs histoires et contextes spécifiques révélés ? Comment leur performativité passe-t-elle alors d'un espace de présentation "abstrait" ou "neutre" à quelque chose de beaucoup plus spécifique sur le plan historique ?

Objectifs pédagogiques :.

Les compétences clés vers lesquelles nous allons travailler sont la capacité à communiquer sur et à partager sa pratique, en formulant ses besoins et ses objectifs. Cela inclut la prise de conscience de ses collaborateurs plus qu'humains et de leur pertinence pour la pratique. La sensibilité et la perspicacité à l'égard des pratiques d'autrui et la capacité à donner un feed-back approfondi sont également importantes pour l'atelier. Plus spécifiquement, l'objectif est de pratiquer, d'une part, différents modes d'ouverture de sa pratique à un petit public et de tester les formats les plus adaptés au travail : quelles sont les spécificités d'une conférence-performance, d'un atelier, d'une installation immersive, d'un concert... ? Cela inclut également des moments de partage de ce qui nous inspire et nous émeut sous forme de textes, d'œuvres d'artistes, de matériaux, de compétences... D'autre part, nous nous exercerons à être le public de l'autre, à être le témoin de ce qui est présenté, à communiquer sur ce que nous avons vécu et à donner notre avis. La collaboration entre les participants à l'atelier est encouragée, de sorte que les étudiant*es ne développent pas seulement leur capacité à travailler de manière autonome, mais aussi à contribuer au travail de leurs pairs. La pensée critique et la capacité de situer sa pratique dans un cadre politique plus large, en posant des questions qui peuvent aussi défier le(s) créateur(s) et faire avancer leur pratique, sont des objectifs à atteindre dans le parcours de deux ans de l'atelier.

Structure du cours :

L'atelier commence avec les étudiant*es qui partagent leur pratique dans le grand groupe, comme un point de départ collectif. Dans le cadre de leur présentation, chaque étudiant peut formuler ses besoins et ses désirs pour sa pratique, afin que nous puissions travailler collectivement à les satisfaire. Ensuite, et en fonction de la taille globale du groupe, nous formerons des groupes plus petits, éventuellement organisés par année, et établirons ensemble un rythme pour le partage régulier du travail des étudiant*es. Cela peut se faire sous différentes formes, en fonction du stade de développement du travail : introduction des premières idées et présentation des premiers matériaux, proposition d'un atelier pour que le groupe habite ses propositions, ou organisation d'une performance/installation à laquelle le public peut assister.

Les artistes dont le travail est en rapport avec les thèmes de l'atelier seront invités à partager leur pratique avec les étudiant*es tout au long de l'année. Un club de lecture, qui aura lieu une fois par mois, sera l'occasion de lire collectivement des textes en rapport avec nos pratiques et les thèmes de l'atelier. Qui/quoi inclure dans ces sessions sera décidé en collaboration avec les étudiant*es.

Évaluation :

L'évaluation est continue et repose en grande partie sur les objectifs et les projets de l'étudiant, tels qu'il les formule au début du cours. Ceux-ci peuvent bien sûr être redéfinis, recentrés ou clarifiés tout au long de l'année. Les progrès des étudiant*es dans leur pratique artistique, leur présence à l'atelier et leur engagement dans les pratiques de leurs pairs sont essentiels pour une évaluation positive. L'ouverture des étudiant*es à des questions stimulantes et leur capacité à placer leur travail dans un cadre politique plus large seront également évaluées positivement, et attendues, surtout vers la fin du parcours de 2 ans.

Documentation:

En tant que partie importante de l'évaluation, et afin de la rendre plus facile, les étudiant*es sont encouragés à documenter leur processus tout au long de l'atelier. Les questions possibles à explorer ici sont les médias les plus (ou les moins ?) adaptés à la pratique spécifique, ainsi que la question de savoir ce qui produit quoi : la performance, la documentation ou peut-être le contraire ?