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Pratique sociale et professionnelle / économie politique / histoire du capitalisme (B2)

De erg

(Redirigé depuis Pratique sociale et professionnelle / économie politique / histoire du capitalisme)

Enseignante: Magali Michaux

Capitalisme financier, capitalisme cognitif, capitalisme de surveillance, capitalisme autoritaire, capitalisme de la finitude, capitalisme de l’apocalypse, technoféodalisme, … Autant de termes cherchant tous à définir ce qui ferait la particularité de notre présent et qui postulent une mutation profonde du capitalisme. Comment, alors, faire une histoire critique du capitalisme aujourd’hui, c’est-à-dire au moment même où ceux·celles qui l’étudient estiment qu’il se transforme profondément, voire que nous entrons dans un autre système économique ? Le pari du cours est de répondre à cette exigence précisément depuis ce moment de basculement ! A la fois de façon théorique et par des travaux pratiques.

Au niveau théorique, le cours entend partir des travaux des théoricien·ne·s contemporain·e·s qui affirment une rupture ou une transformation du capitalisme, afin d’effectuer deux choses. La première, c’est de comprendre les modalités de fonctionnement du capitalisme, en revenant sur les différents éléments qui lui sont associés – comme le marché, la concurrence, les prix, l’organisation du travail, etc., ainsi que leurs articulations historiques. La seconde, c’est de pouvoir réaliser, à partir de la mise en évidence de ces différents modes de fonctionnement, une histoire comparative des différents types de capitalisme au travers de son histoire.

Au niveau pratique, pour envisager la complexité de l’économie dans laquelle nous nous inscrivons, le cours travaille par enquête. Seul·e ou en petit groupe, les étudiant·e·s travaillent à déplier et cartographier un nœud socio-politico-économique, afin de mettre en lumière l’entrelacement des différentes dimensions à l’oeuvre dans la matérialité de nos existences. Il s’agit ici de nous concentrer non plus sur des modes d’organisations économiques généraux, mais de resserrer notre étude sur une marchandise, laissé au choix de chaque groupe de travail, afin de reconstituer et de penser l’ensemble des activités qui assurent sa production, sa distribution et sa consommation spécifiques.

Autrement dit, le cours propose d’étudier, par la lecture de théoricien·ne·s contemporains ainsi que par le travail d’enquête, comment se fait le capitalisme, en examinant les différentes configurations historiques de certains éléments qui lui sont associés. Cette insistance sur le « faire » veut encore éviter d’envisager le capitalisme comme un étant donné, stable et immuable ; et son histoire comme un enchaînement de séquences closes, faites de différentes prédominances – capitalisme marchand, capitalisme industriel, capitalisme financier, etc. – qui se succèderaient de façon linéaire vers un présent posé, alors, comme point d’aboutissement inéluctable, déjà déterminé, faisant alors du passé un créateur de destin. Il s’agit au contraire d’insister à la fois sur les forces nécessaires à la construction et au fonctionnement du capitalisme, ainsi que sur celles qui travaillent à impulser ses orientations et ses devenirs, tout en nous rappelant aux nôtres, à notre propre agentivité dans nos actions, nos attachements et nos désirs d’avenir.